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Reportages

Visage côtier (extrait)

« Le regard photographique que nous portons sur le monde qui nous entoure est implicitement lié à notre humeur, nos états d’âmes. L’actualité de ces derniers mois a eu un effet anxiogène. Il était temps, comme en 2016, de reprendre la route, retrouver un équilibre et profiter de cet état d’être.Cette fois ci, Il ne s’agissait pas de faire 3500 KM à vélo mais plutôt de faire un road-trip suivant 3 axes photographiques ;Du reportage, de la « street photography » et de la Nature.Un voyage solo en véhicule Berlingot aménagé, mais plutôt spartiate.Deux mois sur la route pour un projet que j’appellerais « Visages côtier ».Il s’agissait, dans un premier temps, de partir de la Frontière Franco-Belge au nord de Dunkerque pour suivre la côte jusqu’à Bordeaux, en prenant le temps.Ce qui comptais n’était vraiment pas l’arrivée, juste avancée au fil des histoires à raconter et bien sûr des rencontres elles-mêmes. 

Dunkerke, 8h du mat’.

Il est temps de trouver un café. Si possible, pas un cosy. Un de ceux qui appelle à la discussion. Je trouve et entre.  Pendant un moment j’ai cru avoir remonté le temps. Une faille temporelle s’est-elle ouverte avec la Berlingo ?Non pas possible.Habitué des interdits Covid, je suis étonné de voir la plupart des personnes sans masque, accoudées au comptoir. Le patron l’a, en dessous du nez, bien en dessous… mais il connaît le commissaire…Je vois un homme assis avec une bière, je comprends assez vite qu’il est surnommé « le Capitaine ». Il y a une place à côté, j’y vais avec mon café et nous entamons une conversation qui va durer presque une heure.Un Marin, un vieux « loup de mer », plusieurs fois le tour du monde, sur des navires aussi différents les uns des autres. Du super Tanker aux bateaux de pêche en passant par les commandos Marine de nombreuses années.Sa joie, se trouvait souvent dans la solitude. Je ne pouvais que comprendre.Une vie parfois dure, très dure.De longs mois sur les îles Kergeuelen, de son petit nom moins connu, « l’ile des suicides » car nombreux ne l’ont pas supporté. Un fils assassiné, un cœur fatigué qui a nécessité 5 pontages et bien d’autres choses encore.Une vie entre Dunkerque et l’Afrique avec des anecdotes et une vie incroyable.Maintenant il s’ennuie, ce à quoi je lui ai répondu que son ennui, aujourd’hui, m’avait nourri.

Merci « Capitaine », merci pour ton regard et temps partagé.

Calais, 9H30,

j’ai rendez-vous avec Sidonie, l’une des responsables de ce que j’ai cru comprendre la plus importante association d’aide aux réfugiés, de la région. En réalité, l’entrepôt, ce hangar ou j’arrive sert de plate-forme et d’adresse à plusieurs ONG qui fonctionnent les unes avec les autres et soutenu par l’auberge des Migrants. Il y a du monde, beaucoup de monde. Pour la très grande majorité bénévole. Elle me parle des actions qu’ils mènent.J’ai l’impression d’être dans un squat amélioré, tout est récupération et tout va à l’essentiel, et ce, de jour comme de nuit. Je regarde, j’écoute et ne comprends pas tout, je crois bien que la langue officielle est l’anglais. Normal, la plupart de ces ONG sont anglaises, je demanderais pourquoi plus tard. J’allais travailler deux jours ici, je voulais essayer de comprendre le fonctionnement et qui étais ces personnes investis et essentiels à la survie des réfugiés. On me propose la cuisine ou le démontage de palette. Je décidais d’aller travailler pour Calais Woodyard.A l’auberge il y a Abdull, Abdull Saboor. Réfugié Afghan arrivé en 2015. Un excellent photographe qui fait beaucoup parler de lui, un regard et travail fantastique. Il n’a pas d’âge, ou seulement un « supposé »Ce que je remarque en premier est le détail qu’il porte sur sa chaine autour du coup, un morceau de fil de ronce, plus communément appelé « barbelé ». Ce genre de détail qui raconte toute une histoire. Il n’y a pas besoin d’aller plus loin. Nos échanges resteront autour de notre passion, la photographie.

Nous nous en amuserons même en faisant des portraits de nous.

Cap Gris-nez, 7H du mat

Ma première pensée est qu’Il va falloir que je fasse une note sur comment se laver en road-trip avec un berlingo. Il est vrai que pour un court ou long week-end, la question ne se pose pas trop. L’été non plus. Quand il s’agît de partir 2 mois en automne, c’est intantinet plus compliqué. Capharnaüm ambulant avec tout ce qui va avec…Il n’y a rien de très glamour et tu ne finis pas sur Pinterest à vendre du rêve inaccessible. Mais ce n’est pas pour autant que je vais envier un camping-car ou un van à la mode tout équipé. BrefL’endroit est vraiment beau, cerise sur le gâteau, je suis seul c’est donc Très égoïstement que je profite du lever du jour.Deux silhouettes qui semblent arrivés de nulle part apparaissent. Seule l’une d’elle continu le sentier pour s’approcher de moi. Nous nous saluons avec un large sourire mutuel. Il me demande si j’ai vu un bus ou s’il y en avait un susceptible d’arriver. Question sans réponses. Je propose de partager mon petit déjeuner, il accepte. D’un signe je fais comprendre à son compère de nous rejoindre.Il y a du thé, du lait, du pain, des cookies et de la confiture. Datan et Omid, respectivement 23 et 28 ans devaient tenter la traverser cette nuit-là.  30 Km en bateau de fortune, 200 Euros la place. En face, la côte anglaise est visible à l’œil nu.  Malheureusement les forces de l’ordre ont repéré l’embarcation. Comme presque chaque jour depuis leurs arrivés il y a deux mois, le jeu du chat et de la souris commençais.La traversé va être retenté le soir même. Nous échangeons sur nos vies, sur la vie.  Au loin nous voyons un embarcadère de flic à 4 roues suivre la route. Ils nous ont repéré, mais nous avons un avantage, pour venir jusqu’à nous il fallait passer par une entrée à hauteur limité. Et ces gars-là, n’étaient pas du genre à descendre du panier à salade pour faire 100 mètres à pied. Je regardais malgré tout du coin de l’œil car je savais que depuis l’arrivée de Darmanin, le partage d’un sandwich ou d’un petit-déjeuner avec des réfugiés était punis par la loi.  A gerber. L’heure tourne, ils repartent. Quelques kilomètres, qu’ils referont ce soir pour une nouvelle tentative. Au moment où j’écris ce texte, j’apprends qu’une embarcation, cette nuit, à chaviré. Qu’un homme y a laisser sa vie. J’ai la gorge nouée, la larme à l’oeil. L’image de Datan et Omid me revient. Je me sens désemparé et presque honteux. Je fais partis de ces gens qui ont besoin d’en chier pour se rappeler la chance qu’ils ont de respirer. J’ai honte parce qu’eux, ne demande rien de ça. Ils veulent juste avancer et vivre décemment.

Une page se tourne, elle fait mal.

Cap Gris-nez, 7H du mat

Ma première pensée est qu’Il va falloir que je fasse une note sur comment se laver en road-trip avec un berlingo. Il est vrai que pour un court ou long week-end, la question ne se pose pas trop. L’été non plus. Quand il s’agît de partir 2 mois en automne, c’est intantinet plus compliqué. Capharnaüm ambulant avec tout ce qui va avec…Il n’y a rien de très glamour et tu ne finis pas sur Pinterest à vendre du rêve inaccessible. Mais ce n’est pas pour autant que je vais envier un camping-car ou un van à la mode tout équipé. BrefL’endroit est vraiment beau, cerise sur le gâteau, je suis seul c’est donc Très égoïstement que je profite du lever du jour.Deux silhouettes qui semblent arrivés de nulle part apparaissent. Seule l’une d’elle continu le sentier pour s’approcher de moi. Nous nous saluons avec un large sourire mutuel. Il me demande si j’ai vu un bus ou s’il y en avait un susceptible d’arriver. Question sans réponses. Je propose de partager mon petit déjeuner, il accepte. D’un signe je fais comprendre à son compère de nous rejoindre.Il y a du thé, du lait, du pain, des cookies et de la confiture. Datan et Omid, respectivement 23 et 28 ans devaient tenter la traverser cette nuit-là.  30 Km en bateau de fortune, 200 Euros la place. En face, la côte anglaise est visible à l’œil nu.  Malheureusement les forces de l’ordre ont repéré l’embarcation. Comme presque chaque jour depuis leurs arrivés il y a deux mois, le jeu du chat et de la souris commençais.La traversé va être retenté le soir même. Nous échangeons sur nos vies, sur la vie.  Au loin nous voyons un embarcadère de flic à 4 roues suivre la route. Ils nous ont repéré, mais nous avons un avantage, pour venir jusqu’à nous il fallait passer par une entrée à hauteur limité. Et ces gars-là, n’étaient pas du genre à descendre du panier à salade pour faire 100 mètres à pied. Je regardais malgré tout du coin de l’œil car je savais que depuis l’arrivée de Darmanin, le partage d’un sandwich ou d’un petit-déjeuner avec des réfugiés était punis par la loi.  A gerber. L’heure tourne, ils repartent. Quelques kilomètres, qu’ils referont ce soir pour une nouvelle tentative. Au moment où j’écris ce texte, j’apprends qu’une embarcation, cette nuit, à chaviré. Qu’un homme y a laisser sa vie. J’ai la gorge nouée, la larme à l’oeil. L’image de Datan et Omid me revient. Je me sens désemparé et presque honteux. Je fais partis de ces gens qui ont besoin d’en chier pour se rappeler la chance qu’ils ont de respirer. J’ai honte parce qu’eux, ne demande rien de ça. Ils veulent juste avancer et vivre décemment.

Une page se tourne, elle fait mal.